Les Décors
de Céramique,
Mosaïque & Vitrail
Outre la ferronnerie, l’Art-Déco s’est exprimé, à Saint-Quentin, dans différents artisanats
décoratifs, en en renouvelant les formes et
quelquefois la technique : le vitrail, la
mosaïque et la céramique.
La mosaïque & la céramique
L’Art-Déco mariant la modernité dans sa
conception et les références au passé dans
son répertoire iconographique, les thèmes
décoratifs des mosaïques sont empruntés
aux motifs antiques de la période grecque
ou romaine et subissent l’influence des idées
cubistes. C’est un jeu, une construction, qui
fait alterner les interstices et les tesselles
(petits éléments de marbre). 1. 20 rue du Docteur Bourbier
Décor de céramique
2. Tympan en mosaïque de l’église Notre-
Dame de Remicourt
3. Décor en mosaïque
4. Anciens Bains-Douches
Place des Campions - Colonnes ornées de
mosaïques
5. - 6. 50 rue de Baudreuil
Frises en céramique
7. Vitrail en fer forgé du buffet de la Gare
8. Vitraux colorés
9. Mosaïque du buffet de la gare (photo au verso)
10. Vitraux Art-Déco de la basilique (photo au verso)
11. 13 rue de Lorraine
Vitrail Art-Déco caractéristique(photo au verso) |
Le Vitrail
Le vitrail Art-Déco est bien illustré à Saint-Quentin, comme en
témoignent nombre d’exemples remarquables dans les édifices
publics (réalisation d’Auguste Labouret pour la gare (Photo 7),
décor intérieur de l’Hôtel de Ville, verrières de Georges Bourgeotà la Basilique, Photo 10) ou dans la demeure privée (Photos 8,
11). Des panneaux de vitraux ornent souvent les portes d’entrée,
les fenêtres des pièces de séjour et des baies et plafonniers
des halls d’escaliers de la maison saint-quentinoise, et desédifices les plus élégants de l’époque Art-Déco.
Le vitrail est souvent associé à la ferronnerie : des verres de
couleur ornent également la lustrerie et les verrières et
marquises de cette époque.
A côté de la technique traditionnelle du verre de couleur serti
dans des plombs apparaissent, à cette époque, de nouvelles
techniques, comme la dalle de verre (ou vitrail à joints de béton,
vitrail assemblé au ciment armé, selon une technique inventée
en 1929 par le maître mosaïste Jean Gaudin) et de nouveaux
matériaux verriers.
Les vitraux qui ont été déposés doivent être remontés sur les
baies d’origine, en retrouvant le dessin de la menuiserie ou de
la ferronnerie d’origine pour les enchâsser.
La restauration doit respecter l’authenticité de l’ouvrage
d’origine en utilisant des tailles de plombs identiques, les
mêmes types de verres, grisailles ou émaux, notamment les
verres industriels qui apparaissent à cette époque (verres
américains, verres imprimés, goutte d’eau, diamant, cathédrale,
opalescent, dalle de verre coulée au moule…), en respectant
des colorations. On doit adapter la restauration à la technique
du vitrail d’origine qui peut comporter des grisailles (ou peinture
sur verre), émaux, des effets de gravure, de verre peint, etc.
Les panneaux de verrière peuvent demander une restauration
lorsqu’ils sont affaissés en raison de l’oxydation et de
l’allongement des plombs (renforcement de l’armature des
panneaux et de la menuiserie). Un démontage peut être
nécessaire, ainsi que le nettoyage des verres (le décrochage
des salissures, un lavage prudent qui ne doit pas entamer les
couches picturales), une remise en plomb (ressertissage),
une reprise des soudures et du masticage des verres dans
les plombs assurant l’étanchéité du panneau, interventions qui
nécessitent le recours à un atelier spécialisé dans ce type de
restauration. |
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Des incrustations dans la maçonnerie de ciment de mosaïques réalisées en pâte de verre, en émaux, grès
cérame, carreaux de faïence, pierres d’or et d’argent
ajoutent une note précieuse. Elles se limitent souvent à
des bandeaux, des cabochons ou des bagues, qui ornent
corniches, colonnes, porches, pignons (Photos 2 et 4).
L’art de la mosaïque est utilisé avec discrétion mais avec
recherche dans les façades Art-Déco de Saint-Quentin.
Elément de composition, il contribue à leur richesse
chromatique et à leur raffinement (Photo 3).
En outre certaines parties de la façade sont tapissées
de bandes colorées de céramique selon un motif répétitif
(Photos 5 et 6).
Des sols remarquables typiques de cette époque sont
réalisés en mosaïque traditionnelle de marbre, avec
inclusion de cabochons, en mosaïque casson (carreaux
de céramique cassés) ou sol coulé en granito.
Atteints par l’usure, traversés de fissures, ou présentant
des lacunes, ces sols demandent à être restaurés.
Le mauvais état de leur support nécessite quelquefois la
dépose des mosaïques de sol (par collage), le coulage
d’un ciment liquide et leur repose.
Certaines mosaïques ou carrelages ont été dénaturés,
recouverts de peintures ou d’enduits, ou même martelés.
Il convient de les décaper et de reconstituer les parties
manquantes avec des matériaux semblables.
On doit veiller à respecter les joints creux recherchés pour
certaines mosaïques. Les insertions de céramiques forment
souvent une saillie par rapport au nu de l’enduit qui les
enchâsse, disposition qui est également à respecter.
La technique de la mosaïque peut être utilisée pour réaliser
des enseignes d’activités d’aujourd’hui s’inscrivant dans des
cartouches Art-Déco.
Ces interventions de restructuration comme de création
nécessitent le recours à un artisan spécialisé dans ce type
de restauration.
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