La pierre de Soissons


La pierre de taille est un matériau au coût important.
Aussi les façades saint-quentinoises reconstruites après les destructions de la première guerre mondiale font-elles modérément appel à la pierre de taille.

(Photo 1) : un des rares immeubles construits en pierre de taille.

La pierre de taille utilisée est un calcaire de provenance régionale, la pierre de Soissons.

La plupart des façades associent la pierre de taille à la brique (Photo 2), dans une relation de contraste bicolore.

Cette solution plus économique assure un aspect attrayant, rappelant
l’architecture traditionnelle régionale.
Ces façades se terminent par de pittoresques pignons à rampants* en pas-de-moineau, avec appareillages en harpes*, et divers ornements terminant les gables pointus* (boules, vases, fleurons, motifs sculptés).
* : voir glossaire

1. 1 rue du Port
Immeuble en pierre de taille
2. 13 rue de Lorraine
Exemple de contraste polychrome
3. 4. 5 .6.
Exemples d’altération de la pierre
7. 31 place de l’Hôtel de Ville
Façade en pierre de taille restaurée
8. 1 rue des Glatiniers
Décor scuplté en pierre de taille
9. Modénature sculptée en pierre


L’entretien et la restauration de la pierre


Ravalement de la pierre
• Il est essentiel d’éliminer d’abord toutes les sources d’altération, en tout premier lieu l’humidité, en vérifiant et refaisant si nécessaire la zinguerie (chéneaux*, solins*, zinc de recouvrement des corniches, descentes d’eaux pluviales) et en veillant à éliminer les causes d’engorgement ou d’éclaboussement.

• L’encrassement des façades en pierre peut être supprimé par un simple nettoyage selon les techniques du micro-gommage non agressif ou lessivage sans détergent, à faible pression, après élimination de toutes fixations anciennes occasionnant des traces de rouille.

• La peinture sur la pierre est proscrite à l’exception des badigeons au lait de chaux.

Réparation des pierres endommagées
• Les pierres très endommagées sont remplacées par des pierres de même nature (densité, dureté, grain, couleur).

• La restauration des ouvrages en pierre doit respecter les règles traditionnelles d’appareillage - ou stéréotomie* - :
conserver ou restituer les dessins et profils des éléments moulurés (la modénature), les tailles spécifiques des pierresà remplacer (linteaux, claveaux*, trompes*…), même s’il s’agit de remplacements limités ou de placages. Dans tous les cas, le système de joints exprimant l’appareillage correct de la façade doit être rétabli.

• Les anciennes restaurations ponctuelles des pierres au ciment deviennent voyantes avec le temps : elles sont donc déconseillées et à remplacer :
- soit par un mortier-pierre constitué de chaux et de pierre concassée qui se fond dans la teinte de la façade,
- soit par une reprise de la pierre en recherche (par curetage et insertion d’un bouchon de pierre neuve).

Les décors sculptés en pierre (Photos 8 et 9)

• Les parties de façades ornées de sculptures en pierre de taille, selon les techniques traditionnelles du bas-relief* ou de la ronde-bosse* (par exemple les sculptures représentant
une figuration des métiers place de l’Hôtel de Ville, Photo 9) méritent un soin particulier. Elles peuvent avoir été réalisées dans un matériau différent, une pierre plus tendre convenant mieux au travail de sculpture.

• Le mode de nettoyage des parties sculptées des façades doit donc être pratiqué avec prudence. Pour la sauvegarde de l’oeuvre, le nettoyage ne doit pas conduire à en attaquer la peau, ni émousser les arêtes de la sculpture.

• Certaines dégradations du matériau feront l’objet d’une expertise technique pouvant conduire à un traitement de protection du calcin ou de reminéralisation (biologique,…).
* : voir glossaire

Les altérations et pathologies de la pierre


• Les façades souffrent d’un encrassement qui affecte
surtout les parties situées juste en dessous des corniches, des bandeaux et de balcons, et les parties sculptées en creux.

• Les ouvrages en pierre subissent les atteintes du ruissellement provenant de la vétusté des chéneaux, des descentes d’eaux pluviales. L’humidité permanente conduit au développement de mousses et au cloquage,à la desquamation de la pierre.

• Sous l’effet du gel, la pierre peut montrer des fissurations, des éclatements, notamment sur les parties les plus exposées (sculptures, corniches, consoles de balcons, balustrades, rampants de lucarnes ou de pignons).

• Les ouvrages en pierre ont souffert également des interventions de l’homme, amputations d’éléments, élargissements de baies…. Si certaines traces affectant la pierre, imputables à la guerre, peuvent être
considérées comme des témoignages d’histoire qui n’ont pas lieu d’être éliminés, d’autres, en revanche, méritent un retour à l’état initial.


Pour plus d’informations :

Service Instructeur de la Ville
Direction de l’Aménagement et du Développement Durable
9 place La Fayette - BP 256
02106 SAINT-QUENTIN Cedex
Tél. : +33(0)3 23 06 93 11
Fax : +33(0)3 23 06 93 09

Autres contacts possibles :
Ville de Saint-Quentin
Archives Municipales

53 rue Henry Dunant - BP 80
02100 SAINT-QUENTIN
Tél. : +33(0)3 23 06 32 30

Service Départemental
de l’Architecture
et du Patrimoine de l’Aisne

41 rue Roger Salengro
02000 LAON
Tél. : +33(0)3 23 23 33 90